Faure et Kpatcha Gnassingbé ou la fraticide
Encore beaucoup d’interrogations après les incidents qui se sont produits dans la nuit de dimanche à lundi à Lomé. Dimanche soir, vers 22 heures, les habitants du quartier ont été réveillés par des échanges de tirs. La maison de Kpatcha Gnassingbé, un des frères de l’actuel président togolais et ancien ministre de la défense avait été prise d’assaut par des hommes armés. Mais la plupart des togolais ont appris la nouvelle par Radio France Internationale (RFI) dans l’édition Afrique matin de 6h30.Beaucoup se demandent si la grande guerre qui couvait entre les deux jeunes frères avait éclaté ? Kpatcha Gnassingbé avait voulu tout simplement être éliminé par Faure Gnassingbé son frère ? Faure n’aurait –il plus d’autres solutions que les armes pour évincer son prochain adversaire à la présidentielle de 2010?Ces questions se posent avec acuité dans la mesure où le départ du gouvernement de Kpatcha Gnassingbé avait attisé des informations faisant état de vives tensions entre le président et son frère. Vrai ou faux! En tout cas, cette fusillade relance le débat de la parfaite entente de la famille présidentielle autour de la gestion du pouvoir d’Etat laissé par feu Gnassingbé Eyadéma. D’aucuns y voient une déclaration de guerre entre les deux fils les plus en vue des enfants d’Eyadema alors que d’imminents membres du parti au pouvoir le RPT s’acharnaient à nier.De nombreux observateurs ne comprennent pas comment un «élu du peuple » siégeant encore à l’Assemblée Nationale et bénéficiant de l’immunité parlementaire peut être inquiété à son propre domicile pour interpellation.A la mort de leur père feu Gnassingbé Eyadema tout le monde s’accordait à dire que ce sont les deux frères qui avaient les rennes du pouvoir. Faure était le président et Kpatcha son vice.
Aujourd’hui les hostilités sont ouvertes entre les deux frères.

LE GRAND DECLICLe clash est intervenu lorsque Faure Gnassingbé s’est entourée d’une équipe de conseillers qui l’éloignèrent de son frère. Aujourd’hui Kpatcha Gnassingbé affirme que son frère à remis le pays entre les mains « des étrangers », allusion faite aux non Kabyè.Le divorce se consuma lorsque le chef de l’Etat décida de le retirer du Ministère de la Défense pour aussitôt le rattacher à la présidence. Tous savaient que ce ministère était la chasse gardée de Kpatcha Gnassingbé. Selon des observateurs, cette décision était intervenue alors que des rumeurs de coup d’Etat couraient les couloirs de la présidence. Depuis, Kpatcha Gnassingbé s’était retiré du RPT et les relations entres les deux héritiers de Gnassingbé Eyadema s’étaient on ne peut plus refroidit. Des chefs d’Etats africains se sont même mêlés pour essayer de décanter la situation à l’instar de Mouammar Kadhafi, d’Omar Bongo grands amis de feu Gnassingbé Eyadema mais rien n’y fut.
Kpatcha Gnassingbé depuis son rafle dans la Kozah lors des législatives de 2007 ne cesse de multiplier des actions humanitaires dans la région où son désormais rival politique Faure est Désavouer.

Cette attaque risque bien de dégenerer entre les frères ennemis vue que des deux côtés l’on est lourdement armé.Pour une fois, l’opposition n’est plus indexé dans une tentative d’atteinte à la sureté de l’Etat. Espérons que le peuple togolais ne se retrouvera pas au milieu de cette fratricide. RAPPEL DES FAITS Des militaires ont investi dans la nuit de dimanche 12 au lundi 13 avril 2009 le domicile de Kpatcha Gnassingbé, le frère du président togolais et député du parti au pouvoir le RPT à l’Assemblée Nationale, Selon des témoins, des tirs auraient été entendus de 22heures à 02 heures du matin dans la nuit de ce dimanche. Il s’agirait d’un échange de coups de feu entre les gardes personnels de Kpatcha Gnassingbé et la force d’intervention rapide (FIR) une unité d’élites des FAT (Forces armées togolaises). « Ils avaient encerclé tout le bâtiment tirant dans tous les sens pendant au moins trois heures » Ce que confirme la victime elle-même.
Selon Kpatcha Gnassingbé, le colonel Félix Kadanga commandant des FIR et beau frère de la victime avait débarqué avec une cinquantaine d’hommes lui intimant l’ordre de se rendre. C’est la récidive du jeune frère du président de la république Faure qui serait à l’origine des échanges de tirs. Kpatcha Gnassingbé seul avec ses gardes dans sa résidence (ses enfants étaient en congé de pâques chez une de leur tante) n’est pas touché mais la BBC la chaîne anglaise annonce 2 morts ,3 blessés et de nombreux dégâts.Le député RPT, parle d’atteinte à sa vie.Cependant du côté du gouvernement on avance la thèse d’atteinte à la sûreté de l’Etat.Selon un communiqué lu dans l’après-midi du 13 avril 2009 à la télévision nationale par le procureur de la république Robert Bakaï, Faure Gnassingbé serait en passe de voyager pour la chine pour des raisons diplomatiques, mais à l’aéroport de Lomé une tentative de coup d’Etat a été constaté. Ce qui empêcherait Faure de voyager. Ainsi des informations relatives à une atteinte contre la sûreté de l’Etat étaient en cours de vérification depuis un certains temps au niveau des services de sécurité et des plusieurs personnes soupçonnées faisaient naturellement l’objet d’une surveillance.
“C’est dans ce contexte que des services étrangers ont avisé leurs homologues du Togo de l’imminence d’évènements et de la gravité des actions qui se préparaient à quelques heures du départ du président de la république pour une mission à l’étranger”, continue le communiqué.
Sur réquisition du parquet, il a tété donc décidé d’interpeller les présumés comploteurs. Les gendarmes chargés d’interpeller les personnes sus citées ont essuyés des tirs nourris provenant de la résidence de l’honorable Kpatcha Gnassingbé et ont aussitôt répliqués.De nombreuses personnes ont été arrêtées dont cinq officiers. Le communiqué ne précise pas leurs noms ni le lieu de leur interpellation.Par ailleurs aucune victime n’a été mentionnée par le gouvernement.Cependant le journal Forum Hebdo publie dans sa parution du 14 avril 2009, qu’il y aurait des morts dont le sergent-chef Yendokpo du Régiment Blindé et de Reconnaissance d’Appui (RBRA). On signale aussi le cas du soldat Tchoro qui est actuellement dans le coma après avoir reçu une balle à l’épaule. Un autre soldat du Régiment Blindé du Colonel Rock Gnassingbé est d’après les informations actuellement détenu avec sa jeep au camp FIR d’Agoè commandé par le colonel Kadanga.

REACTION DE KPATCHA GNASSINGBE« Je suis serein et je me porte en faux contre ceux qui m’accus de vouloir faire un coup d’Etat contre mon frère » a déclaré le député RPT Kpatcha Gnassingbé devant la presse au lendemain du drame. Lui qui avait réussi à s’échapper est revenu quelques instants après l’attaque.
Lola AKOMATSRI
Journaliste Nostalgie lomé
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Filed under: POLITIQUE
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