L’EPEE DE DAMOCLES PLANE SUR MOOV TOGO
9 08 2009
Le groupe Atlantique Télécom-Togo plus connu sous le nom de « Moov » sera suspendu le lundi 10 août prochain, a appris ce vendredi AfriSCOOP de sources officielles à Lomé. Le 28 juillet dernier, le gouvernement togolais a accusé cet opérateur de téléphonie mobile d’opérer « sans autorisation légale depuis 2008 ». Il exige que les responsables de cette structure renouvellent leur licence en payant 20 milliards de FCfa.« Les responsables (Moov) ont jusqu’à lundi prochain à midi pour réagir à notre relance. Passer ce délai, le réseau sera coupé sans condition, conformément au communiqué du 28 juillet », a déclaré Palouki Massina, le directeur général de l’Autorité de réglementation des secteurs de postes et de télécommunications du Togo (Arpt).
M. Massina trouve dans le silence des responsables de cet opérateur de téléphonie mobile, une indifférence au renouvellement de leur licence. « Depuis trois mois, ils ne disent rien et depuis deux semaines, ils n’ont pas versé un seul franc. C’est comme s’ils ne sont plus intéressés par la licence », a-t-il indiqué.
Le 22 mai 2009, deux arrêtés ministériels fixaient les conditions financières de renouvellement des licences des opérateurs et exploitants de réseaux. Selon un communiqué de Kokouvi Dogbé, ministre togolais des Postes et télécommunications publié le 28 juillet, « Atlantique Télécom-Togo devrait payer depuis juin, 10 milliards de F Cfa » pour continuer à opérer au Togo et « les 10 autres milliards par acomptes jusqu’à fin décembre 2009 ». Contacté, un responsable de l’opérateur de téléphonie mobile implanté au Togo depuis juillet 1998 juge arbitraire cette décision. « Nous ne comprenons pas cet acharnement des autorités togolaises à suspendre notre réseau », a-t-il affirmé à AfriSCOOP, sous couvert d’anonymat.
« Nous avons appris que c’est suite aux nouvelles dispositions de renouvellement des licences au Bénin et en Côte d’Ivoire que le Togo nous impose cette somme. Mais, il faut savoir que les conditions d’installation dans ces pays sont totalement différentes de celles d’ici car, elles sont assorties d’avantages », a ajouté ce responsable.
En effet selon des sources concordantes, alors que 15 et 3,5 milliards de F Cfa sont réclamés respectivement au Bénin et en Côte d’Ivoire à la signature du contrat d’installation, le Togo exige quant à lui, 20 milliards de F Cfa la première année. En plus dans ce pays, les exonérations, les droits de douane, l’accès direct à l’international ainsi que l’itinérance GMPCS ne sont pas pris en compte.
« Tout ceci rend notre travail très difficile au Togo, surtout dans cet environnement de crise économique mondiale », se plaint une autre source proche du groupe Atlantique Télécom-Togo. D’autres observateurs voient derrière cette situation, un moyen de se débarrasser du concurrent direct du réseau national Togocel. « Notre action ne vise à écarter aucun concurrent. Nous nous appuyons sur les textes en vigueur dans notre pays. La preuve, Togo Télécom et Togo Cellulaire ont commencé à exécuter les dispositions de ces arrêtés », s’est défendu M. Massina.
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