Le secteur informel : Plus de 250 milliards de perte annuelle pour l’Etat togolais

Au Togo, plus de  60% des activités professionnelles échappent à la fiscalité et  à la caisse de l’Etat. Des activités qui sont rangées dans la catégorie du secteur informel. Un véritable manque à gagner pour l’économie togolaise. D’où la nécessité d’une politique nationale de réglementation.

le-secteur-informel-un-manque-a-gagner-pour-leconomie.jpgLe secteur informel est l’ensemble des activités qui ne sont comptabilisées par aucun agrégat économique. Ce sont des entreprises non enregistrées, qui ne sont  pas soumis à l’impôt et échappent aux statistiques officielles. On pourrait même le taxer de secteur par excellence du « système D ».

Sur le plan national, ce secteur a tendance à prendre une proportion énorme du fait de la réglementation officielle et le manque d’une politique fiscale encourageante pour les petites et moyennes entreprises locales,  de même que la lourdeur administrative dans le processus de création d’une entreprise légale. Ces activités vont notamment des marchands ambulants, des simples étalages dans les rues ou marchés aux taxis motos en passant par la restauration rapide, l’artisanat d’art, le commerce en gros ou encore certains prestataires de services clandestins. La population à majorité jeune faute de moyens se tourne également vers le secteur informel pour développer son activité. Il est d’autant plus vrai que l’environnement économique et bancaire en vigueur limite fortement le développement des petits entrepreneurs du secteur informel.

Ce secteur à l’opposé du secteur formel n’est pas taxé sur l’ensemble de ses revenues du fait que les vrais chiffres d’affaires échappent totalement au service des impôts. Selon l’association des Grandes Entreprises du Togo (AGET), la totalité du chiffre d’affaires du secteur informel se situerait aux alentours de 250 milliards soit 20 % environ du Produit Intérieur Brut (PIB) du Togo qui ne profite pas à l’Etat, mais qui utilise et détériore parfois les infrastructures existantes.

Un manque à gagner pour la comptabilité nationale puisque la part reversée à l’Etat est nettement inférieure aux bénéfices réalisés. C’est le cas des taxi-motos encore appelés « zémidjan » dont le nombre se chiffrerait à plus de 30 000 avec un revenu  mensuel moyen de 70.000 Fcfa Cependant ces derniers rechignent à se plier au paiement de l’impôt sur le revenu des transporteurs routiers (IRTR) qui varie de 2 500 à 5000 Fcfa par an au profit du budget de l’Etat. S’adonnant plutôt à des spectacles de courses poursuites dans les rues avec les agents d’impôts.

Toutefois  le système informel a aussi son revers de la médaille pour les opérateurs économiques eux-mêmes. En effet, les petits détaillants à l’étalage aux abords des routes ou dans les marchés en payent le prix fort. Des pertes en cascades qui n’encouragent pas les efforts de redynamisation engagés par les autorités togolaises.

Malgré des tentatives d’intégration des activités de ce secteur au circuit normal de l’économie togolaise la situation n’a guère changée. Depuis 3 ans, le département ministériel à l’organisation du secteur informel chaperonné par le Ministère des Finances peine toujours à enrôler les opérateurs du secteur informel dans les rangs.  Ceci faute d’un répertoire exhaustif des différents et de la corruption ambiante qui y règne notamment entre les commerçants et les collecteurs d’impôts.

Pour sa part, la Commission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé en Novembre dernier lors d’un atelier sous régional de mettre en place un programme uniforme relatif au commerce informel et concurrence inter Etats. 

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